Résumé de notre voyage au Maroc en famille

Notre road trip de 15 jours au Maroc en famille a été une aventure riche en découvertes et en émotions. Des villes impériales aux paysages du désert, en passant par l’Atlas et la côte atlantique, nous avons exploré un pays aux cultures et aux ambiances très variées.

De Marrakech à Taghazout, en passant par Aït-Ben-Haddou, les gorges, le désert et les villages berbères, voici notre itinéraire complet avec budget détaillé, conseils pratiques et bonnes adresses, testés avec nos enfants.

Nous avons voyagé avec nos deux enfants, puis nos deux autres enfants et la copine de Louna nous ont rejoints pour la dernière journée.
Ce deuxième séjour au Maroc a confirmé notre coup de cœur pour ce pays accueillant et dépaysant.
Nous y reviendrons, c’est certain.

L’essentiel en bref :

  • 📅 Durée : 15 jours (Février 2025)
  • 👨‍👩‍👧‍👦 Composition : Famille de 4 (+ 3 qui nous a rejoint)
  • 🚙 Transport : Environ 2000 Km en voiture de location + 1000 Km environ pour la voiture de Louna
  • 🏕️ Hébergement : Auberge, air bnb
  • ⭐ Coups de cœur : désert, les paysages de l’Atlas, le parapente, et tellement d’autres 

Budget détaillé pour 15 jours au Maroc en famille

  • Vols  680| Bordeaux-Marrakech A/R (6 personnes) 
  • Location véhicules   460€ | 1 voiture pour 15 jours 1 voiture pour 7 jours.
  • Carburant 170€ pour les 2 voitures
  • Hébergements 238€ quand nous étions 7 et 182 € à 4  
  • Activités & visites 970€  2 jours dans le désert à 7 vols parapente, surf, musée..
  • Nourriture 400 € Restaurants quasi tout le temps et quelques courses. 
  • internet 44€

Total 3145 € pour 4 ( 1 semaine) puis 7 personnes ( 1 semaine) 

Jour 1 – De Bordeaux à Bin El Ouidane : première journée marocaine

Vol Bordeaux – Marrakech : le road trip commence

Ce matin, réveil aux aurores. Le genre de réveil où la journée s’annonce longue, mais où l’excitation prend le dessus. Direction l’aéroport de Bordeaux pour un vol vers Marrakech.

D’ailleurs, ce voyage a une petite particularité : c’est la première fois qu’on retourne dans un pays déjà visité. En effet, après notre découverte du Maroc en octobre 2023, on savait qu’on y remettrait les pieds. Et nous voilà. https://addictevasion.com/1-semaine-au-maroc/

Le vol s’est passé dans de bonnes conditions. L’avion était à moitié vide. Du coup, on a pu s’étaler sur six sièges à quatre. Lili et Emy se sont allongées, et nous, on a profité d’un trajet au calme. Une fois posés à Marrakech, on a récupéré notre voiture de location sans attendre. Ensuite, direction la route. Le road trip pouvait vraiment commencer.

Premier tajine et regards curieux

On s’est arrêtés en chemin dans un petit restaurant local. Le genre d’adresse qu’on ne trouve sur aucun guide. Au menu : tajine de poulet aux légumes, servi avec du pain chaud.

Cependant, un détail nous a amusés : on était visiblement les seuls touristes du coin. Tous les regards étaient posés sur nous, avec une curiosité bienveillante. En fait, quand personne ne parle français et que tout le monde te dévisage en souriant, c’est bon signe. Autrement dit, tu es sorti des sentiers battus.

Azilal : le musée du Géoparc M'Goun et ses dinosaures

On a ensuite fait un détour par Azilal pour visiter le musée du Géoparc M’Goun. Ce musée, rattaché au Géoparc UNESCO du M’Goun (premier géoparc labellisé du continent africain et du monde arabe), retrace l’histoire géologique de la région du Haut Atlas. On y découvre l’évolution de la Terre depuis le Big Bang, la formation des montagnes de l’Atlas, et surtout une collection de fossiles et de minéraux locaux.

La pièce qui attire tous les regards, c’est le squelette de l’Atlasaurus imelakei, un dinosaure découvert dans la région. Impressionnant, même pour nous adultes. Lili et Emy ont passé un bon moment, et ce qui nous a marqués, c’est surtout l’accueil. Les agents du musée ont pris le temps de discuter avec nous, de nous expliquer les collections, le tout avec une gentillesse désarmante. Et cerise sur le gâteau : on avait le musée entièrement pour nous.

Le marché d'Azilal : immersion locale

Avant de reprendre la route, on a fait un tour au marché local d’Azilal. Ici, pas un mot de français. Néanmoins, les échanges passent très bien par les sourires et les gestes.

L’ambiance est authentique. Les étals débordent de fruits, légumes et épices. On en a d’ailleurs profité pour craquer sur des fraises. Un kilo pour 2,20 €, difficile de résister. Ce genre de moment fait partie de ce qu’on aime dans le voyage. Être là où la vie locale bat son plein, loin des circuits touristiques.

Bin El Ouidane : un lac entre montagnes et roches ocres

Après cette halte à Azilal, on a repris la route vers notre étape du soir : Bin El Ouidane.

Pour commencer, un peu de contexte. Le barrage de Bin El Ouidane a été construit dans les années 1950 sur l’oued El Abid. C’est l’un des plus importants du Maroc. Il mesure 132 mètres de haut et près de 290 mètres de long. Il retient ainsi un lac artificiel de plus de 3 700 hectares.

Mais au-delà des chiffres, c’est surtout le paysage qui marque. On découvre une étendue d’eau aux reflets turquoise, encadrée de roches rouges et ocres. En arrière-plan, les montagnes du Haut Atlas complètent le tableau. Le contraste des couleurs est saisissant.

Par ailleurs, la région est connue pour ses activités nautiques : kayak, pédalo, jet-ski. Elle attire aussi les amateurs de pêche au black-bass. Cependant, ce soir-là, on n’avait qu’une envie : se poser.

Une soirée chez Mayou

Notre hôte pour la nuit, Mayou, nous a accueillis avec un thé au thym local. C’est d’ailleurs une spécialité de la région. On a échangé sur son quotidien et sur sa terre. La conversation était simple et chaleureuse.

Ce genre de rencontre donne toute sa saveur à un voyage. Finalement, pas besoin de monument ou d’excursion organisée. Un verre de thé partagé avec quelqu’un qui aime son coin de pays, et la journée est complète.

Après un réveil à 5h30 ce matin, un vol et plusieurs heures de route, on n’a pas résisté longtemps. L’appel du lit a gagné. Demain, la suite du road trip nous attend.

📌 Infos pratiques – Musée du Géoparc M’Goun à Azilal :

  • Adresse : Avenue Hassan II, Azilal
  • Tarif : très abordable (environ 60 MAD pour une famille, soit ~5,50 €). 
  • Durée de visite : comptez 1h à 1h30 pour en profiter sans se presser.
  • 🔗 Musée : https://www.geoparc-mgoun.ma/
  • 📌 Infos pratiques – Lac de Bin El Ouidane :
    • Accès : à environ 30 km d’Azilal (20 min en voiture), 190 km de Marrakech (2h30 environ)
    • Activités : baignade, sports nautiques, pêche, randonnée
    • Hébergement : plusieurs maisons d’hôtes et gîtes au bord du lac, souvent avec vue
     

Jour 2 – À la découverte de la Cathédrale d'Imsfrane

Une route qui vaut le détour

Aujourd’hui, cap sur un lieu hors du commun : la Cathédrale d’Imsfrane. Il ne s’agit pas d’un monument religieux, mais d’une formation rocheuse naturelle. Sa silhouette évoque celle d’une cathédrale, d’où son nom. Elle se situe à environ 70 km de notre logement, près du village de Tilouguite.

Cependant, ne vous fiez pas à la distance. En effet, la route impose une vitesse maximale d’environ 60 km/h. Du coup, le trajet prend un bon moment. Mais honnêtement, on n’aurait pas roulé plus vite. Chaque virage dévoile un nouveau panorama. Montagnes, vallées verdoyantes, petits villages accrochés aux flancs des collines. Le spectacle change en permanence.

De plus, les filles avaient un objectif bien précis : toucher la neige. Depuis la veille, elles l’apercevaient sur les sommets. Alors, dès qu’on a croisé des plaques blanches au bord de la route, c’était la fête. La température affichait pourtant 22°C. Autrement dit, un contraste assez surprenant entre la douceur de l’air et la neige encore présente en altitude.

Enfants, thym sauvage et essence au village

En chemin, nous avons traversé plusieurs petits villages. À chaque passage, des enfants couraient vers notre voiture. Ils venaient nous proposer du thym sauvage, avec des sourires contagieux. Ce genre de scène donne le ton : ici, la vie est simple et l’accueil spontané.

Toutefois, une petite inquiétude a pointé en cours de route. Le niveau de gasoil baissait dangereusement. Or, impossible de trouver une station-service dans le coin. On était en pleine campagne, loin de tout.

Heureusement, un groupe de jeunes garçons nous a tiré d’affaire. En quelques secondes, ils nous ont guidés chez une grand-mère du village. Cette dernière nous a vendu 5 litres d’essence, stockés dans un bidon. Une sorte de station-service informelle, comme il en existe dans les zones rurales du Maroc. De quoi continuer la route sans stress.

💡 Bon à savoir : dans les régions reculées du Haut Atlas, les stations-service sont rares. Pensez donc à faire le plein avant de quitter les villes principales comme Azilal ou Ouaouizaght. En cas de besoin, les habitants peuvent parfois dépanner avec quelques litres d’essence vendue au bidon.

La Cathédrale d'Imsfrane : un colosse de roche

Et puis, on y est arrivés. La Cathédrale d’Imsfrane se dresse devant nous. Cette formation rocheuse culmine à environ 1 870 mètres d’altitude. Sa paroi fait près de 600 mètres de long. Elle domine la vallée de l’oued Ahansal, au cœur du Haut Atlas central.

Le site fait d’ailleurs partie de la réserve de biosphère de Tamga. Il se situe également dans le périmètre du Géoparc UNESCO du M’Goun. Autrement dit, c’est un lieu protégé, à la fois pour sa valeur géologique et écologique.

Ce qui frappe en premier, c’est le contraste des couleurs. Le brun des roches, le vert des pins d’Alep sur les flancs, et la terre rouge tout autour. En arrière-plan, les sommets enneigés complètent le tableau.

Nous avons pique-niqué face à ce panorama. D’un côté, la Cathédrale. De l’autre, des montagnes aux teintes rougeoyantes. Et au loin, la neige. Un moment calme, en famille, sans un bruit. Exactement ce qu’on était venus chercher.

Ambiance western sur le retour

Sur le chemin du retour, on a fait une halte imprévue. Au bord de la route, une ancienne scierie abandonnée attirait le regard. Les machines sont encore là, figées dans le temps. À côté, un vieux camion rouillé complète le décor. L’ambiance est presque cinématographique. On se serait cru dans un film western. Naturellement, c’est devenu notre spot photo du jour.

Contrôle de police… et conversation

Un peu plus loin, la police nous a fait signe de nous arrêter. Mais pas de panique. Cette fois, rien à voir avec un excès de vitesse. Le policier était simplement curieux. Il voulait savoir d’où on venait, si on avait aimé la Cathédrale, et surtout : est-ce qu’il pleut souvent en France ? Une discussion détendue, sous un ciel toujours bleu. Le genre d’échange qui ne dure que quelques minutes, mais qui laisse un souvenir amusant.

Retour par Ouaouizaght

Avant de rentrer à Bin El Ouidane, on a fait un détour par Ouaouizaght. C’est une petite ville située à environ 30 km d’Azilal, à 972 mètres d’altitude. Visiblement, les touristes ne s’y arrêtent pas souvent. En tout cas, les regards intrigués des habitants semblaient le confirmer.

On s’est posés pour un goûter rapide. Ensuite, direction une vraie station-service cette fois, pour faire le plein. Puis retour tranquille à Bin El Ouidane pour une deuxième nuit au bord du lac.

La fatigue était là, mais la tête pleine d’images. Entre la route, la Cathédrale, les rencontres et les paysages.

📌 Infos pratiques – Cathédrale d’Imsfrane :

  • Localisation : à environ 15 km du village de Tilouguite, au nord de Zaouiat Ahansal (province d’Azilal)
  • Altitude : environ 1 870 m
  • Accès : accessible en voiture (un SUV ou 4×4 est recommandé). La route est sinueuse et étroite par endroits.
  • Tarif : accès libre, pas de droit d’entrée
  • Activités sur place : randonnée au pied de la paroi (accessible à tous), ascension vers le sommet (réservée aux randonneurs confirmés), rafting et canyoning sur l’oued Ahansal en saison
  • Meilleure période : du printemps à l’automne. Le printemps est idéal pour les paysages verdoyants et le rafting.
  • 🔗  Infos Tourisme Maroc – Cathédrale d’Imsfrane

Jour 3 – Entre cascades, montagnes et rencontres locales

Les cascades d'Ouzoud : y aller ou pas ?

Aujourd’hui, on quitte Bin El Ouidane pour rejoindre un petit village niché dans l’Atlas : Aït Tamlil. Mais avant cela, on décide de rallonger notre trajet d’une trentaine de minutes. La raison : les cascades d’Ouzoud se trouvent presque sur notre chemin.

À vrai dire, je n’avais pas prévu de les inclure dans notre itinéraire. En effet, ce site est réputé pour être très touristique. Or, ce n’est pas vraiment notre style. Toutefois, la proximité avec notre route et le temps dont on disposait ont fait pencher la balance.

Et bien, on a eu raison d’y aller. Du moins, pour le timing. À notre arrivée, il n’y avait personne. Littéralement personne. Les guides du site nous ont gentiment accostés, mais ils ont vite compris qu’on préférait descendre seuls vers les chutes. Résultat : on a pu profiter de la cascade dans un calme total.

Pour être honnête, mon avis reste mitigé sur le site en lui-même. Cependant, les filles ont adoré. Et franchement, c’est bien ça le principal. Les cascades d’Ouzoud mesurent environ 110 mètres de haut. Elles comptent parmi les plus grandes du Maroc. L’eau s’écoule en trois paliers, entourée d’oliveraies et de falaises rougeâtres. On peut aussi y croiser des singes magots, une espèce protégée qui vit en liberté autour du site.

En revanche, en remontant, c’était une toute autre ambiance. Les touristes étaient arrivés en nombre. Le calme de notre descente semblait déjà bien loin. Autrement dit, l’heure d’arrivée fait vraiment la différence ici.

Pause déjeuner dans un village sans nom (ou presque)

On reprend ensuite la route. Et comme d’habitude, on s’arrête pour déjeuner dans un petit village. Le genre d’endroit où les touristes sont visiblement rares. En moins de cinq minutes, tout le monde dans les environs semblait au courant qu’une famille française venait de débarquer pour manger.

L’accueil était chaleureux. Les regards, curieux mais bienveillants. C’est exactement ce qu’on recherche : des moments simples, hors des circuits touristiques, où l’on se sent à la fois dépaysés et les bienvenus.

Iminifri : le pont naturel près de Demnate

Après le déjeuner, on fait un nouvel arrêt. Cette fois, direction Iminifri, à environ 6 km de la ville de Demnate. Ce site abrite un pont naturel de calcaire assez impressionnant.

Concrètement, il s’agit d’une arche naturelle sculptée par l’érosion de l’oued Tissilt. Elle mesure environ 300 mètres de long et se dresse à 50 mètres de hauteur au-dessus de la rivière. En berbère, « Imi n’Ifri » signifie « la bouche de la grotte ». D’ailleurs, le site est classé Site d’Intérêt Biologique et Écologique (SIBE). Il abrite notamment 95 espèces d’oiseaux.

On est descendus pour admirer l’arche de plus près. Le spectacle vaut le détour. Néanmoins, il faut remonter ensuite. Et là, je me suis rappelée que ma condition physique n’était pas tout à fait au top. La montée est raide par endroits. Heureusement, une petite cahute nous attendait en haut. Un jus d’orange frais bien mérité, et tout allait mieux.

Encore une fois, on était les seuls visiteurs. C’est un trait récurrent de ce voyage : les sites sont là, souvent très beaux, mais quasiment déserts. Pour nous, c’est un vrai bonheur.

Bataille de boules de neige dans l'Atlas

La route vers Aït Tamlil nous fait traverser les montagnes. Et surprise : il y avait encore de la neige. Pas beaucoup, mais suffisamment pour déclencher l’excitation générale dans la voiture.

Naturellement, Timothée et les filles n’ont pas résisté. Arrêt sur le bas-côté, et c’est parti. Bataille de boules de neige, construction de bonhommes, éclats de rire. Pendant ce temps, je suis restée tranquillement dans la voiture. Le soleil tapait à travers le pare-brise, et la neige, très peu pour moi.

Ce genre de moment imprévu est souvent le plus mémorable. On ne l’avait pas planifié. Et pourtant, c’est l’un des souvenirs que les filles raconteront en premier.

Une traversée un peu rude

Ensuite, la route nous a réservé une petite surprise moins agréable. Des travaux d’élargissement de la chaussée ont transformé une portion du trajet en véritable piste. Sur environ 10 kilomètres, on a roulé au pas sur un chemin chaotique. Les secousses, la poussière et les détours rallongent considérablement le temps de parcours. Bref, ces 10 km nous ont semblé interminables.

💡 Bon à savoir : dans l’Atlas, les travaux routiers sont fréquents. Il est donc possible de tomber sur des tronçons de piste non goudronnée, même sur des routes principales. Mieux vaut prévoir un peu de marge dans son planning.

Arrivée à Aït Tamlil : les regards des enfants

Enfin, on arrive à Aït Tamlil. C’est un petit village de montagne, calme et isolé. Comme souvent depuis le début du voyage, on est les seuls touristes.

En sortant de la voiture, les enfants du village se sont arrêtés pour observer nos filles. Visiblement, ils étaient intrigués par ces petites blondes qui passaient par là. Ce n’est probablement pas une scène courante ici. Les regards étaient curieux, mais jamais intrusifs. Juste de l’étonnement, des deux côtés.

C’est précisément cette ambiance qu’on recherche en voyage. Pas de foule, pas de file d’attente. Juste la vie locale, authentique et tranquille. Aujourd’hui, on a été servis. Entre les cascades au petit matin, le pont naturel désert, la neige inattendue et ce village du bout du monde, la journée a tenu toutes ses promesses.

📌 Infos pratiques – Cascades d’Ouzoud :

  • Localisation : province d’Azilal, à environ 150 km de Marrakech (2h30 de route) et 60 km de Bin El Ouidane (1h environ)
  • Hauteur : environ 110 mètres, en trois paliers
  • Tarif : accès gratuit si vous venez par vos propres moyens. Des guides locaux proposent leurs services sur place (tarif à négocier).
  • Durée de visite : comptez 1h30 à 2h pour descendre, profiter et remonter
  • À prévoir : de bonnes chaussures (le sentier est escarpé par endroits), de l’eau et de la crème solaire
  • 🔗 Cascades d’Ouzoud – Infos Tourisme Maroc

📌 Infos pratiques – Pont naturel d’Iminifri :

  • Localisation : à 6 km de Demnate, sur la route d’Aït Tamlil (province d’Azilal)
  • Ce que c’est : une arche naturelle de calcaire sculptée par l’érosion, d’environ 300 m de long et 50 m de haut
  • Tarif : accès libre
  • Durée de visite : environ 45 min à 1h (descente et remontée incluses)
  • À prévoir : de bonnes chaussures, car la descente est escarpée. Le sentier peut être glissant.
  • Période idéale : de mars à mai ou de septembre à novembre
  • 🔗  Pont naturel d’Iminifri – Infos Tourisme Maroc

Jour 4 – De l'Atlas à Aït Ben Haddou, entre solitude et effervescence

Une route à couper le souffle (et pleine de trous)

Après une nuit paisible dans l’Atlas, on reprend la route. Direction : Aït Ben Haddou. Le paysage change à chaque kilomètre. Les couleurs de la roche défilent sous nos yeux : rouge, bordeaux, gris, et même des touches de vert. En arrière-plan, les sommets enneigés ajoutent une touche presque irréelle au décor.

Cependant, la route est loin d’être un long fleuve tranquille. Elle est pleine de trous et bordée de ravins. Il faut donc rester concentrés en permanence. Heureusement, le spectacle autour de nous aide à rester éveillés.

Pendant ces deux heures de trajet, on ne croise qu’une seule voiture. Et un petit monsieur, seul, perdu au milieu des montagnes. On se demande encore ce qu’il pouvait bien faire là, si loin de tout. C’est le genre de scène qui résume bien cette partie du Maroc : des espaces immenses, presque vides, où le silence règne.

Ces montagnes désertiques dégagent une sérénité particulière. Leur aridité, leurs formes brutes et leurs nuances de couleurs créent une atmosphère apaisante. C’est l’un des aspects du Maroc que j’aime le plus.

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Pause rapide à Ouarzazate

Après cette traversée, on fait une halte à Ouarzazate. Cette ville est surnommée « la porte du désert ». Elle se situe à environ 1 150 mètres d’altitude, au pied du versant sud du Haut Atlas.

D’ailleurs, Ouarzazate est surtout connue pour ses studios de cinéma. De nombreux films ont été tournés ici ou dans ses environs : Gladiator, Game of Thrones, Lawrence d’Arabie, La Momie, Prince of Persia… La lumière du sud marocain, avec plus de 300 jours de soleil par an, en fait un lieu privilégié pour les tournages.

Toutefois, aujourd’hui, on ne s’attarde pas. On se contente d’un déjeuner rapide. En effet, la vraie destination du jour nous attend un peu plus loin.

Aït Ben Haddou : un ksar classé UNESCO

On arrive à Aït Ben Haddou, situé à environ 30 km de Ouarzazate. Et là, première impression mitigée : des bus de touristes sont garés partout. Or, les foules, ce n’est vraiment pas notre truc.

Pour temporiser, on fait un petit détour par une laverie. Une « petite machine » à lancer, ça occupe. Finalement, quand on revient, les cars commencent à repartir. La chance est de notre côté.

On peut alors découvrir le site dans une ambiance bien plus calme. Et c’est là que la magie opère.

Le ksar d’Aït Ben Haddou est un village fortifié construit en pisé (terre crue). Il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987. Ce type de construction, typique de l’architecture pré-saharienne du sud du Maroc, remonte au moins au XVIIe siècle. Autrefois, le village était une étape importante sur la route commerciale reliant le Sahara à Marrakech.

Concrètement, le ksar est un ensemble de maisons serrées les unes contre les autres, entourées de murs défensifs et de tours d’angle. On y trouve aussi une mosquée, un ancien grenier fortifié au sommet de la colline et deux cimetières (musulman et juif). Seules quelques familles y vivent encore aujourd’hui. La majorité des habitants se sont installés dans le village moderne, de l’autre côté de la rivière Ounila.

En plus de son histoire, le site est célèbre pour avoir servi de décor à de nombreux films : Gladiator, Game of Thrones (la cité de Yunkai), Prince of Persia, La Momie, Lawrence d’Arabie… Certains guides locaux sont d’ailleurs d’anciens figurants.

Ruelles, artisans et vue panoramique

On remonte les ruelles du ksar à pied. L’ambiance est agréable. Les artisans installés le long du chemin ne sont pas insistants. C’est un détail qui change tout. On peut flâner tranquillement, observer les façades en terre crue et les motifs géométriques sans être happés par les vendeurs.

On grimpe jusqu’au sommet, là où se trouvent les vestiges de l’ancien grenier fortifié. Les ruines en elles-mêmes ne m’ont pas particulièrement marquée. En revanche, la vue panoramique sur le village et la vallée de l’Ounila est vraiment belle. C’est de là-haut qu’on réalise à quel point l’ensemble est harmonieux.

Une carte au thé et au safran

En redescendant, on tombe sur un artisan qui peint des cartes à l’aide de thé et de safran. Sa technique est intéressante : il utilise une flamme de gaz pour fixer les couleurs. Le résultat est délicat et original.

On craque pour une petite carte. Elle est légère et facile à glisser dans un sac à dos. Parfait quand on voyage léger.

De leur côté, Lili et Emy ont un coup de cœur pour des turbans. Le vendeur prend le temps de leur montrer comment les nouer correctement. Elles repartent ravies, prêtes à se fondre dans le décor. 

Une soirée dorée

En revenant à notre hébergement, on remarque que les bus ont définitivement disparu. La lumière du soir enveloppe le village d’une teinte dorée. L’air est doux. Le calme est revenu.

C’est souvent à ce moment-là, quand les touristes sont partis et que le soleil descend, qu’un lieu comme Aït Ben Haddou révèle tout son charme. On profite de cette fin de journée tranquille, avec la promesse d’une soirée paisible.

📌 Infos pratiques – Ksar d’Aït Ben Haddou :

  • Localisation : à 30 km de Ouarzazate, environ 190 km de Marrakech (3h30 de route via le col du Tizi n’Tichka)
  • Classement : patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1987
  • Tarif : l’entrée au ksar est gratuite. Certains bâtiments à l’intérieur demandent un petit droit d’entrée (environ 20 MAD, soit ~2 €). Des guides certifiés proposent des visites thématiques.
  • Durée de visite : comptez 1h30 à 2h pour monter, explorer et redescendre
  • Conseil : évitez les heures d’arrivée des bus (généralement entre 10h et 15h). Le matin tôt ou la fin d’après-midi offrent une lumière et un calme bien meilleurs.
  • Meilleure période : d’octobre à avril, quand les températures sont plus douces
  • 🔗  Site officiel d’Aït Ben Haddou
  • 🔗  Fiche UNESCO – Ksar d’Aït Ben Haddou

Jour 5 – Entre kasbahs, palmeraies et rencontres

La Kasbah Amridil : plongée dans l'histoire berbère

Première halte de la journée : la Kasbah Amridil, à Skoura. C’est l’une des kasbahs les mieux conservées du Maroc. Elle a été construite au XVIIe siècle et servait autrefois de halte pour les caravanes traversant la vallée du Dadès.

Son architecture en pisé est typique du sud marocain. On y retrouve des tours crénelées, des murs en terre battue et des pièces fraîches malgré la chaleur extérieure. D’ailleurs, la kasbah figurait autrefois au dos de l’ancien billet de 50 dirhams. Un symbole qui en dit long sur son importance patrimoniale.

À l’origine, on comptait la visiter seuls. Mais dès l’entrée, un guide nous a proposé quelques explications. Ses anecdotes étaient tellement intéressantes qu’on a finalement opté pour la visite complète. Et on a bien fait. Il nous a raconté en détail la vie quotidienne dans une kasbah : l’organisation des pièces, les systèmes de ventilation naturelle, les réserves de nourriture.

Il nous a aussi parlé de sa propre vie. Issu d’une famille berbère, il vit encore dans une kasbah avec 36 membres de sa famille. Frères, neveux, cousins… tout le monde sous le même toit. Une vie en communauté, comme autrefois. Ce genre de témoignage donne une profondeur qu’aucun panneau d’information ne pourra jamais égaler.

Skoura : une palmeraie qui cache une ville

On reprend ensuite la route en direction de Skoura. L’objectif : découvrir sa célèbre palmeraie, surnommée « l’Oasis aux mille palmiers ». Elle est d’ailleurs protégée par l’UNESCO.

On s’attendait à un simple ensemble de palmiers. En réalité, c’est bien plus que ça. Sous la canopée, on découvre une véritable vie de quartier. Il y a des maisons, des petits commerces, des écoles, des vergers d’amandiers, de grenadiers et d’oliviers. La palmeraie s’étend sur environ 25 km². Autrement dit, c’est un monde en soi.

Ce qui frappe, c’est l’harmonie entre la nature et l’habitat. Tout semble s’imbriquer naturellement. On se balade entre les palmiers dattiers, on croise des habitants, on entend des enfants jouer. C’est vivant, calme, et loin de l’image figée qu’on peut se faire d’une oasis.

Mohamed, le potier de Skoura

Notre prochaine étape est la maison de Mohamed, potier et propriétaire des Poteries de Kabor. Cet homme est un vrai passionné. Il nous accueille avec simplicité et nous fait une démonstration de son art.

Il explique chaque étape : la préparation de l’argile, le façonnage, la cuisson. Puis il nous invite à essayer. Timothée et les filles se lancent. L’objectif : façonner un bol. En apparence, ça a l’air simple. En pratique, c’est une autre histoire. L’argile a sa propre volonté, et obtenir une forme régulière demande un vrai coup de main.

Après la démonstration, Mohamed nous offre le thé. Au Maroc, c’est un rituel d’hospitalité incontournable. On discute, on échange, on prend le temps. Et en partant, il insiste pour que les filles choisissent chacune un souvenir en cadeau. Aucune pression commerciale. Juste de la générosité.

Ce genre de rencontre résume bien l’esprit de ce voyage. On ne cherche pas les sites les plus célèbres. On cherche les gens. Et Mohamed fait partie de ceux qu’on n’oubliera pas.

La Vallée des Roses : une route entre montagnes et villages

Après un déjeuner à Skoura, on emprunte la Vallée des Roses. Cette vallée, située entre Skoura et les gorges du Dadès, est réputée pour ses champs de roses de Damas. Chaque année en avril-mai, la récolte donne lieu à un festival qui attire des visiteurs de tout le pays.

Cependant, nous sommes hors saison. Les rosiers sont au repos. Toutefois, la route reste très belle. Elle serpente entre montagnes ocre et petits villages berbères. On traverse des paysages arides ponctués de touches de vert. L’air est sec, la lumière est franche.

On imagine facilement le spectacle au printemps, quand les champs se couvrent de roses odorantes. Ces fleurs sont récoltées à la main, puis transformées en eaux florales, huiles essentielles et produits cosmétiques. De nombreuses coopératives féminines de la région vivent de cette activité.

Les Pattes de Singe : un coucher de soleil entre les roches

On termine la journée par un site qui nous a marqués : les Pattes de Singe (aussi appelées « Doigts de Singe » ou « Monkey Fingers »). Il s’agit d’une formation rocheuse située dans les gorges du Dadès, près du village de Tamellalt.

Concrètement, ce sont d’énormes blocs de grès sculptés par l’érosion. Leurs formes arrondies évoquent des doigts géants posés sur la montagne. D’où le surnom. Ces formations datent du Jurassique. Elles résultent de millions d’années d’érosion par le vent et l’eau sur des roches sédimentaires.

On arrive en fin de journée. Et c’est le timing parfait. Plus un seul touriste. Le lieu est désert, rien que pour nous. Le coucher de soleil transforme les roches : elles prennent des teintes rouges, orangées, presque cuivrées. Le contraste avec le bleu profond du ciel est saisissant.

On s’aventure entre les formations, en traversant les champs et les abords des kasbahs voisines. Le calme est total. Seul le vent dans les roches accompagne notre balade. C’est exactement le genre de moment qui justifie de sortir des circuits classiques.

📌 Infos pratiques – Pattes de Singe (Monkey Fingers) :

  • Localisation : gorges du Dadès, près de Tamellalt / Aït Ouglif, à environ 2h de route de Ouarzazate
  • Accès : visible depuis la route, mais pour s’en approcher, il faut descendre à pied vers la vallée. Prévoir de bonnes chaussures.
  • Tarif : accès libre. Des guides locaux proposent des randonnées dans le canyon (tarif à négocier sur place).
  • Durée : comptez 30 min pour le point de vue, ou 1h30 à 2h pour une randonnée dans le canyon
  • Conseil : privilégiez la fin de journée pour la lumière et l’absence de foule
  • 🔗  Les Doigts de Singe – Hertz Maroc

Jour 6 – Ouarzazate entre histoire et cinéma

La Kasbah de Taourirt : un palais entre grandeur et fragilité

On quitte notre logement face aux formations rocheuses des Pattes de Singe. Direction Ouarzazate.

Première visite de la journée : la Kasbah de Taourirt. C’est un ancien palais fortifié situé en plein centre de Ouarzazate. Il a été édifié au XVIIe siècle, puis considérablement agrandi dans les années 1920 par le clan des Glaoui. Thami El Glaoui, le puissant pacha de Marrakech, en avait fait sa résidence. Avec ses 15 000 m², l’ensemble forme en réalité un ksar, c’est-à-dire un village fortifié à part entière.

L’architecture est impressionnante vue de l’extérieur. Les murs de pisé ocre rouge s’élèvent vers le ciel, ponctués de tours crénelées ornées de motifs géométriques en relief. En revanche, l’intérieur nous a un peu déçus. Le tremblement de terre de septembre 2023 a fragilisé une partie du site. Certaines zones sont désormais inaccessibles.

Par ailleurs, les rénovations récentes lui donnent un aspect trop moderne à notre goût. Les plafonds sont ornés de moulures, des ampoules électriques éclairent chaque pièce. On est loin de l’authenticité brute de la Kasbah Amridil à Skoura, visitée la veille. Cependant, le contraste entre l’ocre intense des murs et le bleu du ciel reste saisissant. Et la vue depuis le toit, sur la palmeraie et la vallée de l’oued, mérite à elle seule la montée.Malgré cette déception, la kasbah reste un témoignage important de l’architecture amazighe. Les pièces encore visitables montrent des plafonds en bois de cèdre sculpté, des murs en stuc peint et des zelliges d’époque. On comprend la richesse qui a régné ici. D’ailleurs, la kasbah a bénéficié d’un programme de restauration soutenu par l’UNESCO. C’est aussi un lieu de tournage : plusieurs scènes de films y ont été réalisées.

Atlas Studios : quand le désert devient Hollywood

On poursuit la journée avec la visite des Atlas Studios, à environ 5 km du centre de Ouarzazate, sur la route de Marrakech. C’est le premier studio de cinéma du Maroc. Il a été fondé en 1983 et s’étend sur 30 hectares. Depuis, Ouarzazate est devenue une sorte de Hollywood du désert.

Dès l’entrée, le ton est donné. Deux pharaons géants montent la garde de chaque côté du portail. Ce sont des vestiges d’un tournage. À l’intérieur, on déambule entre des décors grandeur nature. On passe d’un temple égyptien à une cité romaine, puis à une ville médiévale. Tout est en plâtre, en bois et en résine. Mais l’illusion fonctionne.

De nombreux films et séries cultes ont été tournés ici ou dans les environs. Parmi eux : Gladiator, avec ses décors de l’Empire romain. La Momie, qui a recréé l’Égypte antique en plein désert marocain. Game of Thrones, qui a utilisé les paysages de la région pour certaines scènes d’Essos. On peut aussi citer Prince of Persia, Kingdom of Heaven de Ridley Scott, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, ou encore Kundun de Scorsese.

La visite guidée dure environ 45 minutes. Le guide partage des anecdotes sur les tournages, les techniques de construction des décors et les acteurs qui sont passés par là. C’est ludique et bien fait. Les filles ont adoré se balader entre les décors, même sans connaître les films.

Il faut toutefois être honnête : certains décors sont défraîchis. Le soleil et le vent du désert font leur œuvre. Mais c’est aussi ce qui donne au lieu son charme un peu surréaliste. On marche entre des colonnes romaines érodées et des temples dorés qui s’écaillent. Le tout sous un ciel parfaitement bleu.

L'Oasis de Fint : le calme après l'agitation

Après les studios, on change totalement d’ambiance. Direction l’Oasis de Fint, à seulement 12 à 15 km au sud de Ouarzazate. Il faut compter environ 20 minutes par la piste. Le nom « Fint » signifie « caché » en berbère. Et c’est exactement ça.

Pendant plusieurs kilomètres, on roule à travers un paysage de roches noires et de reg, le désert de cailloux. Rien ne laisse présager qu’une oasis se cache derrière les collines. Puis soudain, en descendant un chemin en zigzag, elle apparaît. Un écrin de verdure niché entre les falaises. Des palmiers dattiers, des champs cultivés en terrasses, une rivière qui serpente doucement.

Le contraste avec les environs est saisissant. On passe en quelques mètres d’un paysage aride à un monde verdoyant et calme. Quelques familles vivent encore ici. Elles cultivent la terre et élèvent des animaux, perpétuant un mode de vie traditionnel. L’oasis se compose de quatre petits villages : Tahrbalit, Belrizi, Timoula et Ouangharf.

On termine la journée à l’ombre des palmiers. Le bruit de l’eau en fond sonore, un ciel bleu au-dessus, pas un touriste en vue.  Après les kasbahs, les studios et les foules, Fint offre une parenthèse de silence. Un retour à l’essentiel. D’ailleurs, l’oasis a elle aussi servi de décor de cinéma. Des scènes de Prince of Persia, Babel et Kingdom of Heaven y ont été tournées. Mais ici, pas de panneau, pas de guichet. Juste un village, des arbres et une rivière.

📌 Infos pratiques – Atlas Studios :

  • Localisation : Km 5, route de Marrakech, Ouarzazate
  • Tarif : 80 MAD par personne (~7,30 €). Visite combinée Atlas Studios + décors Kingdom of Heaven : 110 MAD (~10 €). Gratuit pour les enfants de moins de 5 ans. Prévoir monnaie pour le pourboire du guide
  • Horaires : tous les jours, de 8h30 au coucher du soleil. Fermé en cas de tournage.
  • Durée : environ 45 min à 1h30
  • Conseil : demandez une visite en français à l’accueil, car les groupes multilingues peuvent être frustrants
  • 🔗  Atlas Studios – Site officiel

     

  • 📌 Infos pratiques – Oasis de Fint :

    • Localisation : 12 à 15 km au sud de Ouarzazate, accessible par piste (environ 20 min)
    • Accès : La piste est praticable mais non goudronnée.
    • Tarif : accès libre. Des guides locaux proposent des visites (tarif à négocier). Plusieurs maisons d’hôtes et auberges proposent des repas chez l’habitant.
    • Altitude : environ 1 200 m
    • Durée : prévoir 1h30 à 2h de balade dans la palmeraie
    • Conseil : emportez de l’eau et respectez le calme des habitants. L’oasis est un lieu de vie, pas un parc d’attractions.
    • 🔗 Oasis de Fint – Sud Est Maroc

Jour 7 – Entre repos forcé et découvertes sur la route du Drâa

Une matinée au ralenti

Notre appartement à Ouarzazate était spacieux et confortable. On s’était promis une grasse matinée avant de reprendre la route. L’objectif du jour : couper le trajet en deux pour arriver tranquillement à Foum Zguid le lendemain. Nos deux grands devaient nous y rejoindre.

Sauf que le programme change dès 6h du matin. Lili se réveille malade. Du coup, on décide de rester à l’appartement toute la matinée. Le temps qu’elle se repose et récupère un peu. Finalement, ce contretemps a du bon. J’ai reçu plusieurs demandes de voyage cette semaine, et ce calme forcé me permet d’avancer sur vos dossiers.

C’est aussi ça, voyager en famille. Il faut savoir accepter les imprévus. Lâcher prise. Et transformer une matinée « perdue » en moment utile. Les filles dessinent, Timothée lit, et moi je travaille depuis la terrasse avec vue sur les montagnes. Il y a pire comme bureau.

Sur la route d'Agdz : une rencontre et un thé « miracle »

En début d’après-midi, on reprend la route en direction d’Agdz, porte d’entrée de la vallée du Drâa. La ville se trouve à environ 75 km de Ouarzazate, soit 1h à 1h30 de route. Pour y accéder, on emprunte la N10 puis la route grimpe jusqu’au col de Tizi n’Tinififft, à 1 698 m d’altitude. De là-haut, la vue sur le djebel Saghro est magnifique.

En chemin, on croise un homme qui marche sur le bord de la route. On décide de le prendre en stop. Il lui reste une vingtaine de minutes de trajet. Il discute avec nous dans un français hésitant mais chaleureux. Quand il apprend que Lili est malade, son visage s’éclaire. À notre arrivée dans son village, il nous invite spontanément chez lui pour boire un thé « qui guérit ».

On accepte. On s’installe dans une pièce simple, un tapis au sol, des coussins contre les murs. Le thé arrive, brûlant, parfumé aux herbes locales. On échange des sourires, quelques mots. Le temps s’arrête un moment.

Ce genre de rencontre, on ne peut pas la planifier. C’est l’hospitalité marocaine dans sa forme la plus pure. Pas de calcul, pas d’arrière-pensée. Juste un homme qui voit une petite fille malade et qui offre ce qu’il a. C’est une leçon d’accueil et de générosité qu’on essaiera de ne pas oublier.

La vallée du Drâa : un ruban vert entre les montagnes

On poursuit ensuite notre route à travers la vallée du Drâa. C’est l’une des plus belles routes du Maroc, et probablement l’un des paysages les plus marquants de notre voyage.

Le Drâa est le plus long fleuve du pays : environ 1 100 km. Il prend sa source dans le Haut Atlas, arrose une oasis de près de 200 km entre Agdz et M’Hamid, puis se perd dans les sables du Sahara. La route N9 longe cette oasis sur toute sa longueur. De chaque côté, des palmeraies denses alternent avec des montagnes arides et des ksours en pisé.

Cette vallée a une histoire riche. Dès la fin du XVIe siècle, elle a connu un essor important grâce au commerce transsaharien. Les caravanes y transitaient entre Marrakech et Tombouctou, transportant de l’or, du sel et des épices. Pour protéger ces richesses, les habitants ont construit des villages fortifiés et des tours de guet. Beaucoup sont encore debout. Certains tombent en ruine. D’autres sont habités.

Le paysage est saisissant. On roule au milieu d’un ruban de verdure encadré de montagnes ocre. Les palmiers dattiers se comptent par milliers. Entre eux, des champs de henné, de blé et de luzerne. Par endroits, on aperçoit des kasbahs isolées, posées sur des promontoires rocheux. Le contraste entre le vert intense des palmeraies et l’aridité des reliefs environnants est frappant.

Toutefois, tout n’est pas idyllique. En traversant un village à l’intérieur des terres, une bande d’enfants se précipite sur notre voiture en demandant de l’argent. Ce n’est jamais un moment agréable. On se dit qu’ils sortent de l’école, et qu’ils auront peut-être d’autres perspectives un jour. Mais ça reste une réalité du voyage dans ces régions, qu’on préfère ne pas cacher.

Dernier stop avant le désert

On finit par rejoindre notre logement du soir. Bonne surprise : il est aussi spacieux que celui de la veille, avec deux salles de bain. Ce détail a son importance. Timothée et moi commençons à tomber malades à notre tour. Visiblement, le virus de Lili fait le tour de la famille. Deux salles de bain, dans ces circonstances, c’est un luxe non négociable.

On se pose, on se repose. On boit du thé. On mange léger. Demain, on attaque la dernière ligne droite vers Foum Zguid, aux portes du désert.

Foum Zguid est une petite ville d’environ 10 000 habitants, située au sud de l’Anti-Atlas, dans la province de Tata. Son nom vient du berbère et fait référence à l’oued Zguid, qui serpente à travers les montagnes du Jbel Bani. La ville est l’une des portes d’entrée vers le Sahara marocain. De là, on peut accéder au parc naturel d’Iriqui, au lac asséché du même nom et aux dunes de l’Erg Chegaga. Un désert encore préservé du tourisme de masse. Exactement ce qu’on cherche.

L’aventure continue. Avec, on l’espère, un peu plus d’énergie.

📌 Infos pratiques – Vallée du Drâa :

  • Itinéraire : Ouarzazate → Agdz (~75 km, 1h-1h30) → Zagora (~92 km) → M’Hamid (~108 km)
  • Route : N10 puis N9, entièrement goudronnée et en bon état
  • Col de Tizi n’Tinififft : 1 698 m d’altitude, panorama sur le djebel Saghro
  • À voir en chemin : ksar de Tamnougalt (6 km d’Agdz, XVIe siècle, ancien carrefour caravanier), ksar de Timidert, oasis de Tinzouline
  • Conseil : si vous passez un jeudi, le souk d’Agdz vaut le détour

📌 Infos pratiques – Foum Zguid :

  • Localisation : province de Tata, Souss-Massa. À environ 172 km de Ouarzazate (2h15), 125 km de Zagora (1h35), 85 km de Tazenakht (1h20)
  • Accès depuis Ouarzazate : route P1507 via Tazenakht, puis R111 vers le sud. Ou circuit par Agdz et Zagora via la N17.
  • À voir : ancienne kasbah du XIIIe siècle, palmeraie, souk du jeudi, gravures rupestres d’Amzrou (5 km), artisans locaux
  • Point de départ : excursions vers le lac Iriqui, l’Erg Chegaga, l’oasis de Zaouïat Sidi Abdenabi

Jour 8 – Cap sur Foum Zguid : dernier stop avant le désert

Encore une matinée au ralenti

Comme l’avait prédit notre hôte de la veille, Lili se réveille en bien meilleure forme ce matin. Le thé « miracle » a peut-être fait effet. En revanche, Timothée et moi, c’est une autre histoire. Fatigue, estomac en vrac. Le virus fait décidément le tour de la famille.

Du coup, on traîne un peu à l’appartement pour récupérer. De toute façon, j’ai un rendez-vous professionnel à gérer avant de reprendre la route. Encore une matinée de travail improvisé entre deux gorgées de thé. Les filles, elles, sont en pleine forme. Elles jouent, dessinent, s’inventent des aventures.

C’est le troisième jour de ce virus familial. Mais on commence à en voir le bout. Et on sait que ce soir, on retrouve du renfort. L’excitation de cette perspective nous aide à tenir.

Direction Foum Zguid : aux portes du Sahara

En début d’après-midi, on quitte Agdz pour rejoindre Foum Zguid. La distance est d’environ 136 km, soit environ 2h de route. On traverse des paysages de transition : les dernières palmeraies de la vallée du Drâa laissent progressivement place à un relief plus sec et plus minéral. Les montagnes du Jbel Bani se dessinent à l’horizon.

Foum Zguid est une petite ville d’environ 10 000 habitants, nichée au pied de l’Anti-Atlas. Son nom viendrait de l’oued Zguid, qui serpente à travers les contreforts du Jbel Bani avant de déboucher sur les grands espaces désertiques. Les nomades l’appellent aussi « Foum El Hench », la gueule du serpent. Un nom qui colle bien au passage étroit entre les montagnes.

Cette bourgade a longtemps été une étape stratégique sur les routes caravanières qui reliaient le Tafilalet à Tombouctou. Aujourd’hui, elle est surtout connue comme l’un des points de départ les plus authentiques vers le Sahara marocain. De là, on peut accéder au parc national d’Iriqui, au lac asséché du même nom et aux dunes de l’Erg Chegaga, l’un des plus grands massifs dunaires du Maroc. L’Erg Chegaga s’étend sur environ 40 km de long et 15 km de large. Certaines dunes atteignent 300 mètres de hauteur. Contrairement à l’Erg Chebbi, près de Merzouga, Chegaga reste peu fréquenté. Il n’est accessible que par piste, en 4×4, à dos de dromadaire ou à pied. C’est exactement ce qu’on cherche : un désert sauvage, loin du tourisme de masse.

Les retrouvailles : la famille au complet

Pendant qu’on roule vers Foum Zguid, Louna, Nino et Aubance commencent leur propre périple. Leurs partiels finis, ils sont arrivés ce matin à Marrakech, ils récupèrent leur voiture de location et prennent la route pour nous rejoindre. Environ 315 km et 5 à 6 heures de trajet les attendent. La route passe par le col du Tizi n’Tichka, puis descend vers Ouarzazate et Tazenakht avant de bifurquer vers le sud.

On arrive à Foum Zguid un peu avant eux. La ville est calme, posée, presque endormie. Quelques commerces le long de la route principale, une mosquée, des maisons en pisé. L’ambiance est différente de tout ce qu’on a vu jusqu’ici. On sent qu’on approche du bout de la route. Que derrière ces montagnes, il n’y a plus que le sable.

Rencontre avec Lachen, notre guide du désert

C’est ici que nous rencontrons Lachen, notre guide pour l’expédition dans le désert. Il nous accueille avec un thé à la menthe et un sourire franc. Il connaît ces pistes par cœur. C’est un enfant du désert, issu d’une famille de nomades.

Il nous explique le programme du lendemain. Départ en 4×4 sur les pistes sahariennes, traversée du lac asséché d’Iriqui, passage par des oasis isolées, puis arrivée aux dunes de l’Erg Chegaga en fin de journée. Coucher de soleil depuis le sommet d’une dune. Dîner autour du feu. Nuit sous les étoiles.

En l’écoutant, l’excitation monte. Les filles posent mille questions. Timothée sourit malgré la fatigue. Même le virus semble reculer devant la perspective de ce qui nous attend.

Demain, on part pour l’aventure saharienne. Pour de vrai.

📌 Infos pratiques – Erg Chegaga :

  • Localisation : environ 60 à 70 km au sud de Foum Zguid (1h30 de piste) ou ~50 km à l’ouest de M’Hamid El Ghizlane
  • Dimensions : ~40 km de long, ~15 km de large, dunes jusqu’à 300 m de haut
  • Accès : uniquement par piste (4×4 obligatoire). 
  • Excursions : 1 jour (aller-retour depuis Foum Zguid ou M’Hamid), 2 jours/1 nuit (bivouac), ou 3 jours et plus (trek en méharée)
  • Tarif indicatif : à partir de ~99 €/personne pour une excursion 2 jours/1 nuit (4×4 + bivouac + repas). 
  • Meilleure période : octobre à avril (températures douces). Éviter l’été (jusqu’à 45°C).
  • À emporter : chaussures fermées, chèche, crème solaire, gourde, lampe frontale, polaire pour le soir (les nuits dans le désert sont fraîches)
  • Parc national d’Iriqui : le trajet traverse ce parc qui protège les écosystèmes désertiques et semi-arides de la région
  • 🔗 https://www.getyourguide.fr/zagora-l115142/au-depart-de-zagora-excursion-de-2-jours-a-l-erg-chegaga-t171108/?partner_id=PNNV6BO&currency=EUR&travel_agent=1&cmp=share_to_earn

Jours 9 & 10 – Immersion dans le désert : une aventure nomade

Jour 9 – Départ vers le désert

Ce matin, Lachen vient nous chercher à notre hébergement à Foum Zguid. Il est 10h. On se répartit dans deux 4×4. La famille est au complet : Timothée, les filles, Louna, Nino, Aubance. L’aventure saharienne commence.

Plateaux de pierres et premiers arrêts

Dès la sortie de Foum Zguid, le goudron disparaît. On entre dans le parc national d’Iriqui, créé en 1994 pour protéger les écosystèmes désertiques de la région. Le parc s’étend sur 123 000 hectares entre l’oued Drâa et les contreforts sud de l’Anti-Atlas. C’est un territoire de nomades, de gazelles, de reptiles et de grandes étendues de silence.

Le premier paysage est très différent de ce qu’on imagine du désert. Pas de dunes ici. Ce sont des plateaux caillouteux à perte de vue, le reg. Des montagnes tabulaires au sommet plat se dressent au loin. L’une d’elles a la forme d’un tajine. Lachen sourit. Il la connaît par cœur.

On s’arrête plusieurs fois au fil de la matinée. D’abord pour ramasser du bois mort. Dans la vie nomade, c’est une tâche essentielle. Sans bois, pas de feu. Sans feu, pas de thé, pas de repas. Ensuite, on fait halte près d’une première oasis. L’eau y est salée, laissant de belles traînées blanches sur le sol. Un puits est encore en activité. Chacun s’essaie à remonter l’eau fraîche avec la corde. Les filles adorent. Un énorme lézard traverse la piste juste devant nos roues. Bienvenue dans son monde.

Pique-nique au milieu du rien

Le midi, on s’arrête dans une vaste plaine encadrée de montagnes. Lachen et les enfants allument le feu. Louna et moi préparons les crudités. On mange assis dans le sable, à l’ombre des 4×4. Le vent est chaud, le silence immense. Pas de table, pas de chaise, pas de réseau. Juste nous, le feu et le ciel.

Avant de repartir, on fait un détour par un autre puits pour remplir nos réserves d’eau. Dans le désert, l’eau est la ressource la plus précieuse. Lachen le rappelle aux enfants. Ils écoutent, concentrés.

Fossiles, mirages et lac Iriki

Plus loin, on découvre un site recouvert de fossiles. Sur chaque pierre, des empreintes d’anciens êtres marins sont nettement visibles. Ammonites, coquillages, formes spiralées. Le parc national d’Iriqui est situé sur des terrains sédimentaires qui datent de plusieurs centaines de millions d’années. À cette époque, toute cette zone était recouverte par un océan. Difficile à croire quand on regarde le paysage aujourd’hui.

Puis, au loin, notre premier mirage. Une étendue d’eau scintillante apparaît à l’horizon. L’air chaud ondule au-dessus du sol et déforme la lumière. On sait que c’est une illusion. Mais l’effet est saisissant, même quand on s’y attend.

On poursuit jusqu’au lac Iriki. Aujourd’hui, il est asséché. Sa surface est rigoureusement plate, craquelée, recouverte d’une fine croûte de sel. On roule dessus comme sur un terrain de football géant.  Le lac fait partie des 24 zones humides inscrites sur la liste Ramsar au Maroc. En période de pluies (octobre à décembre), il se remplit temporairement et accueille des oiseaux migrateurs : flamants roses, foulques, oies sauvages. Ce jour-là, au loin, on distingue effectivement des silhouettes roses. Des flamants qui ont trouvé un peu d’eau quelque part. Un spectacle rare et fragile.

Arrivée au bivouac : dunes, surf des sables et coucher de soleil

En fin d’après-midi, on atteint enfin notre campement. Devant nous, une mer de dunes dorées. L’Erg Chegaga se déploie sur environ 40 km de long. Certaines dunes dépassent les 300 mètres de haut. Le vent souffle fort et soulève des voiles de sable. Mais cela n’enlève rien à la magie.

Lachen sort des planches de surf des sables. Chacun s’élance dans des descentes plus ou moins contrôlées. Les gamelles sont mémorables. Les fous rires aussi. Aubance, qui découvre le désert pour la première fois, se prend au jeu immédiatement.

Puis vient le coucher de soleil. On grimpe au sommet d’une dune. Le désert se teinte de rouge, d’orange, de cuivre. Les ombres s’allongent. Le silence se fait. Pendant quelques minutes, personne ne parle. C’est l’un de ces moments qu’on ne peut pas vraiment décrire. Il faut le vivre.

Le dîner se prépare autour du feu. Un tajine, long à cuire mais savoureux. En attendant, on joue, on discute, on écoute de la musique. Quand la nuit tombe, le vrai spectacle commence. Le ciel est d’une pureté absolue. Aucune pollution lumineuse, aucun nuage. La Voie lactée s’étire d’un bout à l’autre du ciel. On distingue des étoiles qu’on n’a jamais vues. On reste longtemps allongés dans le sable, le nez en l’air.

Jour 10 – Réveil dans les dunes et retour

« Bonjour le soleil ! »

Le lendemain, Lachen nous réveille avec son désormais célèbre « Bonjour le soleil ! ». Il est tôt. Il fait frais. On grimpe en haut d’une dune pour voir le lever du jour. La lumière est douce, rasante. Le sable a des reflets dorés et roses. Le désert se réveille en silence.

Pendant que le petit-déjeuner se prépare, Timothée improvise une partie de pétanque avec d’énormes cailloux ronds trouvés sur place. Les règles sont approximatives. La surface est chaotique. Mais l’ambiance est excellente.

Le chemin du retour

On quitte le bivouac en milieu de matinée. Le retour se fait par un itinéraire différent, avec plusieurs arrêts.

Le premier nous marque : une petite école perdue au milieu du désert. Huit élèves y suivent leurs cours. Un seul instituteur. Les murs sont en terre. L’échange avec lui est riche. Il nous parle de son quotidien, de l’isolement, de la motivation de ces enfants qui marchent parfois des kilomètres pour venir en classe. Ce genre de rencontre remet les choses en perspective.

Plus loin, on s’arrête pour observer un bébé dromadaire né tout récemment. Son cordon ombilical est encore visible. Il tient à peine sur ses pattes, collé contre sa mère. Un moment rare et émouvant. Les filles sont fascinées.

Dernier arrêt chez un cousin de Lachen. Il fait venir quelques dromadaires pour une petite balade. Les enfants sont ravis. Pour Aubance, c’est une première. Elle grimpe, s’installe, et déclare au bout de deux minutes que c’est « très relaxant ». Tout le monde éclate de rire.

À 16h, on arrive enfin à Foum Zguid. Fatigués. Couverts de sable. Mais avec des souvenirs plein la tête.

Bilan de cette aventure nomade

Même si tout n’a pas été parfait côté organisation (notamment une confusion sur l’Oasis Sacrée qu’on souhaitait voir et qu’on a ratée), on repart avec une belle aventure à raconter. Ce bivouac en pleine nature nous a permis de vivre le désert autrement. Pas depuis un camp aménagé avec wifi et coussins. Depuis le sable, le vent et le feu.

Les enfants ont ramassé du bois, remonté de l’eau d’un puits, touché des fossiles vieux de millions d’années, dormi sous les étoiles. Ce sont des souvenirs qu’aucun écran ne pourra leur offrir.

On reprend la route, couverts de sable et prêts pour la prochaine étape.

Jour 11 – De l'agadir d'Ifri à Taroudant : entre traditions et nature

Un village hors du temps

À quelques kilomètres de Taliouine, où nous avons passé la nuit, nous prenons la route pour le petit village d’Ifri Imadidene. La bifurcation se fait sur la route P1743, en direction d’Agadir Melloul. Après une dizaine de minutes sur une piste en bon état, on aperçoit le village sur la gauche, de l’autre côté de la rivière. Environ 200 familles vivent ici. Les maisons sont en pierre, les ruelles étroites, les chemins en terre. L’ambiance est paisible. Presque hors du temps.

On se gare près de l’école du village. Très vite, un habitant nous repère. Normal : au vu des regards surpris, il est clair qu’ils ne voient pas souvent passer des visiteurs. Encore moins sept petits voyageurs blancs déambulant curieusement dans leurs ruelles. L’homme nous conduit chez un guide local parlant français. Il a les clés de l’agadir. Sans lui, impossible d’y accéder.

L'agadir d'Ifri : un trésor troglodyte toujours en activité

Le guide nous mène à travers le village, entre champs de céréales et amandiers. Puis le paysage change. Devant nous, une falaise immense, percée de dizaines de minuscules portes. Chacune mène à une réserve familiale. C’est l’agadir d’Ifri, un grenier collectif fortifié construit sous un impressionnant abri sous roche.

En berbère, « agadir » (pluriel : igoudar) désigne un grenier collectif. C’est une sorte de banque communautaire ancestrale. Les familles y stockaient ce qu’elles avaient de plus précieux : récoltes de safran, dattes, figues, pains de sel, mais aussi documents officiels, armes, habits de fête et titres de propriété. L’objectif était simple : protéger ces biens contre les pillages et les conflits entre tribus.

Ce qui rend celui d’Ifri exceptionnel, c’est qu’il est l’un des rares greniers collectifs sous roche encore en activité au Maroc. Contrairement à d’autres igoudar transformés en simples sites historiques (comme celui d’Inoumar, plus connu mais restauré), celui-ci reste un élément vivant de la vie locale. Des familles continuent d’y entreposer leurs affaires.

Certaines portes mesurent à peine 60 cm de haut. Il faut se baisser pour entrer. Mais à l’intérieur, surprise : les pièces sont bien plus grandes qu’on ne l’imagine. Entre 12 et 18 m² selon les cases. Le guide nous explique qu’autrefois, pendant les deux à trois mois les plus froids de l’hiver, des familles entières vivaient dans ces pièces creusées dans la roche. La pierre conservait la chaleur.

Pour atteindre certains greniers, il faut emprunter de petites échelles en bois, passer par des couloirs étroits, se faufiler entre les parois. L’ensemble donne une impression magique, presque irréelle. Les filles sont fascinées. On a l’impression d’être plongés dans un village de Minimoys.

Des chèvres acrobates et l'or du Maroc

Après cette immersion dans l’histoire berbère, on reprend la route vers Taroudant. Sur le chemin, un spectacle typique du sud marocain attire notre attention : des chèvres perchées dans les arganiers. Elles grimpent dans les branches pour manger les fruits dont elles raffolent.

Dans certains endroits touristiques, on nous avait prévenus, les chèvres sont parfois attachées aux arbres pour attirer les visiteurs. Ici, rien de tout cela. Elles grimpent librement, avec une agilité qui force le respect. Certaines se perchent à plusieurs mètres de hauteur, en équilibre sur des branches qui semblent bien trop fines. Les enfants n’en reviennent pas.

L’arganier est un arbre endémique du sud-ouest marocain. Il ne pousse nulle part ailleurs dans le monde. Son fruit renferme une noix très dure contenant deux à trois amandes, à partir desquelles on produit la fameuse huile d’argan. La région du Souss, entre Essaouira, Taroudant et Tiznit, concentre l’essentiel de la production.

Halte dans une coopérative féminine

Notre prochaine halte est une coopérative féminine d’huile d’argan. Ce jour-là, les femmes ne travaillent pas. Mais l’une d’elles nous ouvre les portes de l’atelier et nous explique le processus.

On teste la casse des coques d’argan à la pierre. C’est une tâche minutieuse, physique et lente. Les plus habiles ne produisent qu’un kilo de graines par jour. Et il faut environ 2,5 à 3 kg d’amandes pour obtenir un seul litre d’huile. Autrement dit, chaque bouteille représente des heures de travail manuel.

Ces coopératives jouent un rôle essentiel dans l’émancipation des femmes rurales berbères. Elles offrent un salaire régulier, une couverture médicale et, souvent, des cours d’alphabétisation. Petite surprise : celle-ci dispose même d’une crèche pour les enfants des ouvrières. Cela peut sembler banal. Mais dans le Maroc rural, c’est une initiative précieuse qui permet aux femmes de travailler sans renoncer à la garde de leurs enfants.

L'arrivée à Taroudant sous la pluie

Le ciel commence à se couvrir. Le guide de l’agadir nous avait prévenus : la pluie arrive. On accélère le pas. Sur la route, on traverse encore quelques paysages superbes : plaines du Souss bordées par le Haut Atlas au nord et l’Anti-Atlas au sud.

Puis on entre dans Taroudant. La ville nous accueille avec ses célèbres remparts ocre, longs de près de 7 km, flanqués de 130 tours. Ils ont été construits au XVIe siècle par les sultans saadiens, qui firent de Taroudant leur première capitale avant Marrakech. D’où son surnom : « la petite Marrakech ». Mais en plus authentique, en plus calme, en moins touristique.

Et comme prévu, la pluie s’abat sur la ville. Les ruelles de la médina se transforment en rivières. Un contraste frappant avec la chaleur et l’aridité de la journée. Les enfants courent sous les arcades. On se réfugie dans un café pour un thé chaud. L’ambiance est étrangement belle, entre les murs ocre luisants de pluie et l’odeur de terre mouillée.

📌 Infos pratiques – Agadir d’Ifri Imadidene :

  • Localisation : à environ 17 km de Taliouine, sur la route P1743 en direction d’Agadir Melloul. Bifurcation après Tassousfi (5-6 km après Taliouine sur la route de Ouarzazate).
  • Accès : piste en bon état, praticable en voiture standard. Se garer devant l’école ou à l’entrée du village.
  • Visite : demander le guide au village (il détient les clés). La visite dure environ 30-45 min. Un pourboire est attendu (~50 MAD/personne).
  • Particularité : l’un des rares greniers troglodytes encore en activité au Maroc. Restauré avec le soutien de l’association des Gardiens de la Mémoire et du Global Heritage Fund.
  • À combiner avec : visite de Taliouine (capitale du safran, kasbah du Glaoui, Maison du safran). Récolte du safran en octobre-novembre.

Jour 12 – Du sable sous les pieds et des vagues de 3 mètres !

Changement de décor

Aujourd’hui, pas de kasbah ni de piste dans le désert. Quand on voyage en famille, il faut savoir s’adapter aux envies de chacun. Surtout avec des enfants d’âges différents. Après nos aventures en terres berbères, entre dunes et greniers troglodytes, place à un tout autre plaisir : le surf.

Direction Taghazout.

Taghazout, le village devenu capitale du surf

Taghazout est un ancien village de pêcheurs situé sur la côte atlantique, à environ 20 km au nord d’Agadir. Depuis les années 1960, quand les premiers hippies ont débarqué avec leurs planches, le village s’est progressivement transformé en spot de surf incontournable. Aujourd’hui, il attire des riders du monde entier, séduits par ses vagues régulières et son ambiance décontractée.

Ce qui fait la réputation de Taghazout, c’est la concentration de spots sur un rayon de quelques kilomètres. Il y en a pour tous les niveaux. Les débutants se dirigent vers Panorama Beach ou le Km 11 (aussi appelé « le Douze »), des plages de sable avec des vagues douces et accessibles. Les intermédiaires s’essaient à Hash Point, juste au niveau du village, ou à Banana Point du côté de Tamraght. Les surfeurs confirmés, eux, rêvent d’Anchor Point : une longue droite de classe mondiale, l’une des vagues les plus réputées du Maroc.

En toile de fond, les montagnes de l’Anti-Atlas. Une eau entre 17 et 22°C selon la saison. Et dans les ruelles du village, des planches empilées devant chaque boutique, des cafés avec vue sur l’océan, des surf shops et des odeurs de tajine mêlées à l’air salin.

Tout le monde à l'eau

Les enfants trépignaient d’impatience. Après une rapide recherche sur place, on trouve un loueur : 6 € pour une planche et une combinaison. Difficile de faire plus abordable. Une fois équipés, tout le monde se jette à l’eau.

Les vagues font environ 3 mètres. C’est costaud. Pour les grands — Louna, Nino, Timothée — ce n’est pas la première fois. Mais ils sont loin d’être confirmés. Ils se confrontent à un océan qui ne fait pas de cadeau. Pour Lili, Emy et Aubance, en revanche, c’est une grande première. Et quelle entrée en matière ! Les vagues impressionnent. Personne ne se décourage. Chacun essaie, tombe, remonte, rit, progresse un peu, retombe.

De mon côté, fidèle à moi-même, je préfère une mer à 28°C et translucide pour me baigner. Alors pendant que tout le monde s’amuse dans l’écume, je travaille depuis la plage. Il y a pire comme bureau. Le wifi fonctionne, le soleil tape, les enfants crient de joie au loin. D’ailleurs, j’en profite pour vous remercier. Vous êtes nombreux ces derniers jours à me confier l’organisation de vos voyages. Immense gratitude. Je suis à fond dans vos itinéraires, même les pieds dans le sable.

L'art de la patience, version marocaine

Après plusieurs heures dans l’eau, il est temps de rendre les planches. Mais petit contretemps. Le loueur a notre passeport en caution. Et il n’est plus là. Son remplaçant nous assure qu’il est parti à 3 km et revient « dans une minute ».

Quarante-cinq minutes plus tard, toujours personne. Mais bon. Ici, le temps a une autre saveur. On s’installe. On attend. Les enfants en profitent pour aller se chercher une crêpe au Nutella. La récompense parfaite après une journée de sport.

Au Maroc, il faut savoir ralentir. Lâcher prise. Accepter que « une minute » ne veut pas dire soixante secondes. Et finalement, ce n’est pas plus mal. On vit trop souvent dans l’urgence. Le Maroc nous rappelle qu’il existe un autre rythme. Et que ce rythme-là, lui aussi, a du bon.

📌 Infos pratiques – Taghazout :

  • Localisation : côte atlantique, à ~20 km au nord d’Agadir (30 min en voiture). Accessible en bus depuis Agadir (~40 min, 6-8 €) ou en taxi.
  • Ambiance : ancien village de pêcheurs, devenu spot de surf mondial depuis les années 1960. Ruelles colorées, cafés en terrasse, surf shops, communauté internationale.
  • Spots de surf principaux :
    • Débutants : Panorama Beach, Km 11/12 (fond de sable, vagues douces)
    • Intermédiaires : Hash Point (au village), Banana Point (Tamraght), La Source
    • Confirmés : Anchor Point (longue droite de classe mondiale), Killer Point, Mysteries
  • Location de matériel : à partir de ~60 MAD (~6 €) pour planche + combinaison à la journée. Nombreux loueurs sur la plage et dans le village.
  • Cours de surf : ~300 MAD (~30 €) pour 2h avec matériel inclus. Écoles recommandées : Surf Maroc, Amayour Surf, Ohana Surf Morocco, Zen Surf Morocco.
  • Meilleure période : vagues toute l’année, mais la haute saison surf est de novembre à mars (houles atlantiques puissantes et régulières). L’été, les vagues sont plus petites et idéales pour débuter.
  • Eau : 17-22°C selon la saison. Combinaison recommandée toute l’année (3/2 en hiver, shorty en été).
  • À voir aussi : village voisin de Tamraght (plus calme), Paradise Valley (gorges et cascades dans l’Atlas, à 20 min), Aourir (« Banana Village »), souk d’Agadir.
  • Restauration : Café Tayoughe (plats marocains, prix doux), Hey Yallah à Tamraght (coffee shop, événements), terrasses vue océan dans le village.
  • 🔗  Surf à Taghazout – Guide complet

Jour 13 – Sensations fortes avant le retour à Marrakech

Dernière ligne droite

Aujourd’hui, on amorce doucement notre retour vers Marrakech. Le vol de retour est samedi. Mais avant de retrouver la ville rouge, on s’offre une expérience qu’on n’est pas près d’oublier : du parapente à Aguergour.

Aguergour : le site de vol le plus connu du Maroc

Aguergour est un petit village niché sur les premiers contreforts du Haut Atlas, à environ 40 km au sud de Marrakech. On y accède en passant par le barrage de Lalla Takerkoust, puis en montant sur une piste jusqu’au point de décollage, situé à environ 1 300 m d’altitude.

Ce site est le plus réputé du Maroc pour le parapente. Ses courants thermiques réguliers, son orientation nord-ouest face aux plaines du Haouz et sa proximité avec Marrakech en font un spot idéal pour les baptêmes comme pour les pilotes expérimentés. D’octobre à avril, les conditions sont particulièrement favorables. Le site accueille régulièrement des compétitions et des festivals internationaux de vol libre. Un club local, le Club Vol Libre Aguergour, gère le site et a contribué à développer toute une économie autour de l’activité : gîtes, restauration, navettes.

Depuis le sommet, la vue est déjà spectaculaire. On aperçoit le lac de Lalla Takerkoust en contrebas, les villages berbères en pisé accrochés aux collines, les champs d’oliviers et d’amandiers, et au loin, par temps clair, les sommets enneigés de l’Atlas avec le Toubkal qui domine à 4 167 m.

Courir vers le vide

Aubance ne se sent pas très bien depuis ce matin. Mais elle veut voler quand même. Après environ trois heures de route depuis notre point de départ, on arrive sur place. Voir les premiers décollages ne nous rassure pas vraiment. Le principe est simple : on court vers le vide, accroché à un moniteur. Quelle idée.

Puis chacun décolle à son tour. Le départ se fait finalement en douceur. Quelques pas sur la pente, la voile se gonfle, et d’un coup, le sol s’éloigne. Les pieds ne touchent plus rien. On est en l’air.

Vingt minutes de vol. Portés par les courants ascendants. On prend de la hauteur, on vire, on glisse. Le paysage défile en dessous : la vallée, le lac, les montagnes. Le silence est total, à peine troublé par le vent dans les suspentes. C’est une sensation difficile à décrire. Un mélange de calme absolu et d’adrénaline sourde. Chacun revient avec des étoiles dans les yeux.

Petit bémol pour mon atterrissage. Mon pilote avait légèrement sous-estimé mon « charme pondéral ». On a atterri un peu plus loin que prévu, à travers quelques buissons. Rien de bien méchant. Juste une anecdote de plus à raconter.

Retour à Marrakech et galère d'arrivée

Après cette belle aventure, on reprend la route. Environ une heure pour rejoindre notre dernier logement. Cette fois, on a choisi un grand complexe de vacances, un peu excentré du centre-ville. L’idée était d’éviter la folie de la circulation marrakchie. Sur le papier, ça semblait malin.

En pratique, c’est un labyrinthe. L’immense domaine est composé de dizaines de blocs. Les gardiens nous envoient de bâtiment en bâtiment. On tourne en rond. L’aventure se transforme en mini-périple nocturne. Les enfants commencent à fatiguer. Après quelques échanges et beaucoup de patience, on finit par trouver notre chambre.

Honnêtement, on préfère largement les petits logements authentiques des villages. Les riads de la médina, les maisons en pisé des vallées, les hébergements tenus par des familles. C’est là qu’on a vécu nos meilleurs moments. Mais on fera avec pour ces deux dernières nuits.

Demain, dernière journée à Marrakech. On veut en profiter.

📌 Infos pratiques – Parapente à Aguergour :

Jour 14 – Marrakech, une dernière journée animée au Maroc

Marrakech, est-ce qu'on y va ?

Pour cette dernière journée au Maroc, on a décidé de la passer à Marrakech. Honnêtement, ce n’était pas la ville qui nous attirait le plus. Beaucoup de voyageurs disent que c’est la moins authentique du pays. Trop touristique. Trop animée. Trop de sollicitations. Mais les enfants voulaient quand même la découvrir. Alors on s’est laissé tenter.

Et puis, après deux semaines entre vallées, désert, villages et montagnes, on se devait de voir l’autre visage du Maroc. Celui des grandes villes. Celui qui attire des millions de visiteurs chaque année.

Le Palais de la Bahia : plongée dans l'art marocain

On a commencé la journée avec la visite du Palais de la Bahia. Et c’est là que Marrakech nous a surpris.

Ce palais a été construit à la fin du XIXe siècle pour le grand vizir Ahmed ben Moussa, surnommé « Ba Ahmed ». Cet homme puissant, véritable régent du jeune sultan Abd al-Aziz, voulait un palais à la hauteur de son pouvoir. Il a fait appel aux meilleurs artisans du royaume : marbriers de Meknès, plâtriers de Fès, menuisiers de Marrakech. Le résultat est un ensemble de 8 hectares, avec 150 chambres organisées autour de cours intérieures, de jardins et de patios.

Le nom « Bahia » signifie « la brillante » ou « la belle ». Plusieurs théories existent : certains y voient une référence au palais lui-même, d’autres un hommage à la favorite du vizir. Ce qui est sûr, c’est que l’ambition était démesurée. Le palais devait abriter ses 4 épouses officielles et ses 24 concubines, avec leurs enfants.

À notre arrivée, il y avait du monde, mais rien d’insurmontable. Dès les premières salles, on est restés bouche bée. Les plafonds peints à la main, les zelliges colorés au sol, les plâtres ciselés, les boiseries en cèdre sculpté. Chaque détail raconte un savoir-faire ancestral. On se balade dans les différentes pièces, en s’imaginant la vie des résidents de l’époque. Puis, en ressortant vers la grande cour d’honneur, c’est une toute autre ambiance. Noire de monde. On aurait dit une soirée du Nouvel An à Malte (les vrais savent !). Un petit bémol de la visite : les chambres sont vides. Après la mort du vizir, le sultan et de nombreuses personnes ont pillé chacune des pièces. Heureusement, les plafonds et les murs ont été épargnés.

Le Jardin Secret : une pause verte au cœur de la médina

Ensuite, direction le Jardin Secret, dans le quartier de Mouassine. Un havre de paix… en théorie. En pratique, ce n’est pas si « secret » que ça, vu la foule. Mais l’endroit reste agréable.

L’histoire de ce lieu remonte au XVIe siècle, sous la dynastie saadienne. Le sultan Moulay Abd Allah avait entrepris l’urbanisation du quartier Mouassine, et un palais s’élevait ici. Après le déclin des Saadiens, tout a été détruit. Au XIXe siècle, un influent caïd de l’Atlas a racheté le terrain et reconstruit un nouveau palais sur les fondations de l’ancien. Puis, après la mort du dernier propriétaire en 1934, le site a été abandonné pendant des décennies.

C’est en 2008 qu’un projet de restauration a été lancé. Huit ans de travaux pour redonner vie à ce lieu. Le Jardin Secret a rouvert en mars 2016, sous la forme d’un musée à ciel ouvert.

Aujourd’hui, le complexe s’étend sur 4 000 m² et propose deux jardins distincts. Le premier est un jardin islamique et traditionnel, organisé en quatre parties symétriques autour d’une fontaine centrale, fidèle aux principes du paradis terrestre dans la culture arabo-musulmane. Le second est un jardin exotique, avec des espèces végétales provenant des cinq continents.

Ce qui est vraiment remarquable, c’est le système d’irrigation. Le jardin est alimenté par une ancienne khettara, un réseau hydraulique souterrain qui date du XIe siècle. Des canaux souterrains acheminent l’eau depuis les nappes phréatiques, sans aucune pompe. Un système ingénieux, typiquement marocain, que l’on retrouve dans tout le sud du pays.

Malgré le monde, l’endroit offre une vraie respiration au milieu de l’agitation de la médina. Les enfants ont aimé la tour de 17 mètres de haut, qui offre une vue panoramique sur les toits, les minarets et l’Atlas en arrière-plan. 

Place Jemaa el-Fna : entre tradition et déception

Après une petite errance volontaire dans les ruelles de la médina (se perdre fait partie de l’expérience, non ?), on arrive sur la place Jemaa el-Fna. Et là… disons que l’ambiance ne nous a pas vraiment charmés.

Il faut pourtant reconnaître l’importance historique de cette place. Fondée au XIe siècle par les Almoravides, elle est le cœur battant de Marrakech depuis près de mille ans. Son nom, « Jemaa el-Fna », fait l’objet de plusieurs interprétations. La plus courante est « l’assemblée des trépassés », en référence aux exécutions publiques qui s’y déroulaient entre le XIIe et le XIVe siècle. Une autre hypothèse, portée par des historiens, évoque la « mosquée en ruine » : le sultan saadien Ahmed al-Mansour aurait projeté d’y construire une grande mosquée au XVIe siècle, mais la peste l’en aurait empêché. Le projet inachevé serait tombé en ruine, donnant son nom à la place.

La place est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1985 (dans le cadre de la médina de Marrakech), et son espace culturel a été proclamé chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité en 2001, avant d’être inscrit sur la liste représentative en 2008. Ce classement reconnaît la concentration unique de traditions culturelles populaires qui s’y expriment : conteurs, musiciens gnaouas, acrobates, danseurs amazighs, herboristes, tatoueuses au henné, porteurs d’eau.

Tout ça, on le sait. On l’a lu. Mais dans la réalité, ce qu’on a vu nous a mis mal à l’aise.

Les stands de nourriture, les artistes de rue, les vendeurs de jus d’orange : ça fait partie du folklore. En revanche, les spectacles d’animaux enchaînés, c’est autre chose. Les singes en laisse, les cobras manipulés par les charmeurs, les chevaux fatigués. Les enfants ont été choqués. Voir ces animaux forcés à « divertir » les passants pour quelques dirhams, puis se faire maltraiter en arrière-plan. Ça nous a mis un coup.

Ce que j’ai trouvé bien, c’est que les enfants ont su mettre des mots sur leur malaise sans que j’aie besoin d’expliquer. Spontanément. C’est peut-être ça, la meilleure leçon de voyage. On a quitté la place assez vite, avec un goût amer.

Fin de journée : repos avant le grand retour

Aubance ne se sent pas très bien depuis deux jours. Alors après cette dernière balade, on décide de rentrer à l’hôtel pour se poser. Une dernière baignade dans la piscine – rapide, l’eau était encore bien fraîche malgré le soleil – puis il est temps de préparer les valises.

C’est un moment un peu particulier. Boucler les sacs, trier les souvenirs, replier les vêtements imprégnés de sable du désert. Les enfants sont fatigués mais contents. On parle déjà des moments préférés de chacun. Erg Chegaga revient souvent. L’agadir d’Ifri aussi. Le parapente. Les chèvres dans les arganiers. Le bébé dromadaire.

📌 Infos pratiques – Palais de la Bahia :

  • Adresse : avenue Imam El Ghazali, quartier de la Kasbah, médina de Marrakech. À 15 min à pied de la place Jemaa el-Fna.
  • Horaires : ouvert tous les jours de 9h à 17h (9h-15h pendant le Ramadan). Dernière entrée 30 min avant fermeture.
  • Tarif : 70-100 MAD adulte (~7-10 €), 30-50 MAD enfant selon les sources. Prévoir des espèces, les cartes sont parfois refusées.
  • Durée : compter 45 min à 1h30 de visite.
  • Conseil : arriver tôt le matin (ouverture) ou en fin d’après-midi pour éviter la foule. Éviter le vendredi (entrée gratuite pour les Marocains, donc affluence maximale).
  • 🔗  Palais Bahia – Site officiel 

📌 Infos pratiques – Le Jardin Secret :

  • Adresse : 121 rue Mouassine, médina de Marrakech. À 10 min à pied de Jemaa el-Fna, près de la médersa Ben Youssef.
  • Horaires : tous les jours. Février et octobre : 9h30-18h30. Mars à septembre : 9h30-19h30. Novembre à janvier : 9h30-18h. Dernière entrée 30 min avant fermeture.
  • Tarif : 80-100 MAD adulte (~8-10 €). Tarif réduit 40-60 MAD (7-24 ans et Marocains). Gratuit pour les moins de 12 ans. Supplément tour : 40 MAD. Tour interdite aux moins de 6 ans.
  • Durée : 45 min à 2h selon le rythme.
  • Sur place : café-restaurant Café Sahrij (terrasse surplombant les jardins, thés, jus frais, pâtisseries), boutique souvenirs, wifi gratuit, vestiaire, coin bébé.
  • Conseil : combiner avec la visite de la médersa Ben Youssef (à proximité). Des visites guidées combinées existent (~29 € avec guide francophone, 3h).
  • 🔗  Le Jardin Secret – Site officiel

Bilan : 15 jours au Maroc en famille

Ces quinze jours au Maroc ont été incroyables. Pas parfaits, non. Il y a eu le virus qui nous a mis KO pendant trois jours, les galères de logement, les moments de fatigue, Marrakech qui ne nous a pas totalement convaincus. Mais chaque voyage a ses contrastes.

Ce qu’on retient, c’est l’essentiel. Le désert, les montagnes, les gorges, les vallées. L’accueil chaleureux des habitants, partout. Les tajines partagés. Les étoiles au bivouac. Les fous rires en surf des sables. Les visages fascinés des enfants devant les fossiles, les greniers fortifiés, les paysages qu’ils n’avaient jamais imaginés.

Le Maroc est un pays immense par sa diversité. En deux semaines, on n’a effleuré qu’une partie du sud. Il reste tant à découvrir. Le Rif, Chefchaouen,  la côte atlantique nord, le Moyen Atlas. Une chose est sûre : on reviendra.